
D'où viennent les crottes de nez ? De tous temps s'est posée à l'homme cette lancinante question à propos de ces désagréables et disgracieuses sécrétions nasales, qui chaque hiver, et même il suffit d'un courant d'air, nous empoisonnent la vie, à nous et à nos voisins.
À la préhistoire encore, l'homme s'en accommode, encore assez velu pour se débarrasser aisément du problème. Pendant l'antiquité, l'usage est de se bourrer les narines à chaque rhume avec une décoction de fleurs odorantes, mais à part que ça oblige à respirer par la bouche ça ne répond toujours pas à la question.
La question devient cruciale au Moyen-Âge alors que la goutte au nez, devenue pour l'Eglise le signe d'une possession démoniaque, conduit morveux et enrhumés sur les bûchers de l'Inquisition. La population baisse de 95% l'année où la décision est prise...
Ce n'est qu'au XVIIe siècle que le biologiste et médecin anglais Horace Deumbeldaur (à ne pas confondre avec Albus Dumbledore qui lui est un personnage de fiction et en plus ça s'écrit pas pareil) parvient, au moyen d'une coupe longitudinale opérée sur un patient, à mettre en évidence ce qu'il résumera dans son mémoire “De la véritable nature des humeurs et des manières d'y mettre fin” par cette formule :
“Les crottes de nez sont des petits morceaux de cerveau.”
C'est par un malencontreux retournement du sort qu'Horace Deumbeldaur, après avoir consacré trente-trois ans de sa vie à l'étude des crottes de nez, connut la fin de sa carrière en contractant un rhume au cours d'une promenade sur les falaises de Douvres : s'étant mouché un peu trop fort il termina sa vie, privé de ses facultés intellectuelles, dans un asile de la banlieue londonnienne.
Pour la petite histoire, on raconte que c'est des travaux d'Horace Deumbeldaur que s'inspira le Docteur Frankenstein pour doter d'un cerveau sa tristement célèbre créature, avec les résultats que l'on sait.
Tag : Science Technologie Reste Interrogation
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